Objectif-îles; les News 16 - mars / avril 2003

La Trans-Amazone; 54 jours sur l'Amazone. 1'800 km de navigation au moteur, en convoi avec les bateaux du Rallye

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N°16 Mars / Avril 2003

26 Février 2003. Départ du Rallye des îles du Soleil de Fortaleza pour l'Amazone.

À 3 degrés Sud de latitude, nous sommes proches de l’équateur et nous ressentons pleinement la saison des pluies et la zone de convergence intertropicale où s’accumulent les grains depuis le large. La navigation devient pénible, le vent est très variable, nous sommes trempés, plus rien ne sèche. Il y a des pirogues à voile partout, de jour comme de nuit.

Les bateaux sont soumis à rude épreuve, les problèmes techniques se multiplient, Wako doit se faire remorquer par Only-One-Life et Chenapan sur plus de 100 miles. Le moral baisse. Nous naviguons avec nos habits offshore, trempés. La plante des pieds n’arrive même plus à sécher. Et si c’était comme ça durant toute la remontée de l’Amazone ? Heureusement, le papou André de Chenapan est là pour nous remonter le moral.

Finalement, après 4 jours de mer et 665 miles depuis Fortaleza, Alizé entre dans l’embouchure du Rio Para, au Sud de l’île de Marajo, aussi grande que la Suisse. Face au courant du fleuve, nous avançons avec le vent du large et les importants courants de marée puisqu’il y a plus de 3 mètres de marnage. Nous passons de 10 à 2 nœuds de vitesse. L’eau est brune, remplie de limon.

Le soir du 2 mars, nous mouillons devant le village de Soure. Ça y est nous sommes en Amazonie.

Le paysage est sauvage et correspond bien à l’image que nous avions ; végétation tropicale, habitations sous les cocotiers, barques et pirogues de pêcheurs. C’est le Carnaval, celui de Rio défile en boucle à la télévision dans toutes les maisons du village.
Ici, nous n’aurons droit qu’à un défilé bruyant de tambours et chants, sans costumes. Dommage.

Philippe propose plusieurs excursions dans les environs. Nous partons visiter de grandes fazendas, les fermes où sont élevés les buffalos, nous assistons à des représentations folkloriques de danses locales.

Neos est retourné à Salvador depuis Noronha, Mayero nous a quitté à Fortaleza, Xiphos partira dans quelques jours. Le rallye perd peu à peu ses participants.

L’Amazone, c’est aussi le début des mouillages dangereux où chaque bateau risque d’être emporté par les tourbillons des courants, de ramasser un tronc flottant ou un îlot de jacinthes qui dérive avec le courant et peut être énorme, ou de déraper dans un grain violent.

Durant 54 jours, nous connaîtrons ces angoisses de peur d’entrer en collision avec un autre bateau. Ce sera le cas à Soure, Belém et Gurupa où le voilier Gaston nous percute et nous fait un trou dans la coque. Puis à Monte Allègre où des îlots de jacinthes flottants, grands comme des terrains de baskets emportent plusieurs bateaux. Il faudra une bonne partie de la nuit pour les dégager. Enfin à Afua où d’énormes troncs d’arbre viennent cogner contre les coques et les safrans, bloquant les bateaux. En fait, seuls les amarrages compliqués, à couple, aux trappiches, ces pontons sur pieux des villages, nous aurons permis de dormir tranquille sur nos 2 oreilles.

Durant tout le mois de mars, avec Jeanne-Marie Morlet, qui nous a rejoint depuis la Suisse, nous remontons près de 1000 km sur le rio Para, puis l’Amazone ou des fueros, ces rios qui longent les berges du fleuve.

En convoi, au moteur, nous sommes escortés par la marine brésilienne et un bateau d’assistance, le Furtado sur lequel loge Philippe, Emilio et Edison, la police et les pompiers. En tout près de 23 personnes. Une escorte bienvenue qui nous a rendu de grands services, pour dégager les troncs ou remorquer les nombreux bateaux en panne, comme ce fut notre cas durant 7 jours, démarreur grillé suite à l’incident de Gurupa. Heureusement, les pièces de rechange ont pu nous être apportées par de nouveaux participants au rallye et Pierre, de Tea, notre professeur Lépine, a pu nous apporter tout son savoir pour réparer le moteur.

En tout cette Transamazone, le 3ème organisée par l’Etat brésilien du Para, représente 1'800 km pour découvrir un monde à part, avec un environnement unique, une forêt tropicale primaire intacte parsemée de petits rios où des indigènes vivent dans des cases au bord de l’eau sur pilotis, en petits villages ou isolés dans la forêt. Des gens d’une grande beauté, des enfants souriants, toujours curieux.

Partout, un accueil et une générosité qui est une leçon pour chacun d’entre nous. Babou a fait le bonheur de quelques indiens en distribuant ses jouets et ses peluches.

Qu’en sera-t-il dans quelques années au vu de l’importance de l’industrie forestière et de l’implantation de grandes sociétés américaines telle que Cargill qui déboisent à tout va avec la bénédiction de l’état brésilien.

Les animaux se cachent bien dans la forêt. Difficile à voir, mais les anacondas, les mygales, les singes, les paresseux, les perroquets, les toucans ou les iguanes, comme les dauphins roses sont bien là.

De Belém à Santarem, jusqu’à Alter de Chao, ultime étape splendide avant le retour, nous avons réalisé un exploit inutile en mettant nos bateaux à rude épreuve.

De multiples étapes de près de 12 heures de navigation au moteur, parfois plus, nous ont usé dans le climat agressif de la saison des pluies qui a stressé plus d’un équipage et qui a conduit à quelques excès de comportement chez certains participants. Dommage pour l’ambiance du rallye.

Après 54 jours, l’embouchure de l’Amazone, près d’Afua, est ressentie comme une libération. Finie la navigation en convoi, c’est la liberté.

les photos des paysages de l'Amazone et de ses berges

Les photos des mouillages et des convois le long de l'Amazone

Les photos des excursions en Amazonie

Les photos de la faune amazonienne

Les photos des rencontres avec les habitants et les indigènes

Vous pouvez toujours nous joindre par nos 2 mails; info@objectif-iles.com et alize4@inmarsat.francetelecom.fr

et sur notre portable 0041 79 504 65 08

Avec toute notre amitié

Jacques, Vivianne et Babou